Salut tout le monde !
Bienvenue dans notre 107Úme épisode !
Je laisse le clavier Ă StĂ©phanie aujourdâhui, bonne lecture !
Bonjour à tous, que cette année 2026 soit riche en vitalité cérébrale !
LâannĂ©e commence pour moi sur les chapeaux de roue, entre rĂ©pĂ©tition de steeldrum ( je vous invite Ă aller Ă©couter cet instrument exotique sur YoutubeâŠ), prĂ©paration dâĂ©change scolaire Ă Saragosse, interventions Ă lâinternat et au sein de la cellule dĂ©crochage de mon Ă©tablissementâŠsans parler des cours, rĂ©unions, corrections et prĂ©parations bien Ă©videmment.
Jâai la connectivitĂ© neuronale au taquet !!
đĄ Pour briller en soirĂ©e
Si vous nâavez pas le temps de tout lire, vous trouverez ici les informations les plus croustillantes de notre Ă©pisode !
Les thĂ©ories autour du style dâapprentissage sont majoritairement des mythes qui peuvent agir comme des croyances limitantes et freiner le dĂ©veloppement des apprenants. đ
LâexpĂ©rience du marshmallow met en Ă©vidence nos diffĂ©rences quant Ă nos capacitĂ©s dâinhibition envers une rĂ©ponse comportementale. â
Les fonctions exĂ©cutives sont au centre de nos comportements Ă lâĂ©cole mais aussi tout au long de notre vie. đ„ž
đ Le Dossier de la Semaine
Chaque semaine, nous disséquons minutieusement une thématique des neurosciences pour vous offrir un éclairage complet et captivant !
đ§ đŹ Nos fonctions exĂ©cutives sur les bancs de lâĂ©cole
â±ïž Temps de lecture : 8 minutes.Dans mon dernier post, nous nous intĂ©ressions aux diffĂ©rentes façons de stocker quelques secondes en mĂ©moire de travail, une information et nous nous rendons bien compte que dâun individu Ă un autre les stratĂ©gies ne sont pas les mĂȘmesâŠ
Mais savez-vous que les styles dâapprentissage visuel, auditif et kinesthĂ©sique, au-delĂ de la mĂ©moire de travail, sont souvent prĂ©sentĂ©s comme des profils dominants (comme si nous naissions « programmĂ©s » plus visuels ou plus auditifsâŠ), alors que les neurosciences considĂšrent cette approche majoritairement comme un neuromythe sans fondement empirique solide ?
A lâappui un article trĂšs intĂ©ressant publiĂ© par lâARN.
đ€ŻMais dâoĂč vient cette croyance ?
Issu de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) dans les années 1970 développée dans les années 1970 par Richard Bandler et John Grinder.
Le VAK ( Visuel/Auditif/KinesthĂ©sique) catĂ©gorise les apprentis par prĂ©fĂ©rences sensorielles auto-dĂ©clarĂ©es, sans base neurobiologique solide. Il ignore la plasticitĂ© cĂ©rĂ©brale et les processus dâintĂ©gration multisensorielle dans le cortex.
Les tests VAK reposent en rĂ©alitĂ© sur des questionnaires subjectifs, non validĂ©s scientifiquement. La PNL, quant Ă elle, est un ensemble de techniques et modĂšles visant Ă analyser et optimiser la communication, lâapprentissage et le changement personnel en modĂ©lisant les stratĂ©gies des personnes performantes. Elle intĂšgre neurologie, langage et comportements programmĂ©s pour influencer la perception subjective du monde.
Rien de trĂšs scientifique en rĂ©sumĂ©âŠ
đ§Que disent les neurosciences en rĂ©ponse Ă la PNL ?
Le cerveau compile les inputs sensoriels dans des zones comme le cortex pariétal et temporal supérieur, favorisant une plasticité accrue et un encodage profond des informations.
Des études en IRMf révÚlent que des stimuli croisés (image + son) réactivent plusieurs régions du cortex, élargissant les traces mnésiques par rapport à une modalité unique. Cela explique les bénéfices observés en rétention et motivation, validés par des méta-analyses.
Pour ma part, je propose toujours deux stratégies de mémorisation conjointes à mes classes : Verbalisation/ Ecriture ou Verbalisation/ Lecture.
La verbalisation peut se faire par un questionnement entre pairs ou en groupe tout en Ă©crivant sur de grandes ardoises ( trĂšs apprĂ©ciĂ©es des Ă©lĂšves). Lâessentiel est que chacun y trouve son compte⊠Le fait est, que la mise en voix de nouvelles connaissances, est un levier puissant de mĂ©morisation.
đ Connaissez-vous les fonctions exĂ©cutives du cerveau ?
Pour faire un pied de nez aux tempĂ©ratures hivernales, je fais chauffer aujourdâhui les neurones pour vous parler de fonctions mentales aussi appelĂ©es fonctions exĂ©cutives.
Elles me sont indispensables Ă lâheure dâanalyser les apprentissages de mes lycĂ©ens et je remercie GrĂ©goire Borst, psychologue du dĂ©veloppement et chercheur en neurosciences cognitives de lâĂ©ducation (La Psy DĂ, CNRS / UniversitĂ© Paris CitĂ©) de mâavoir Ă©clairĂ©e, par ses nombreux Ă©crits, sur ce sujet.
Car dans notre quotidien, elles nous sont indispensables, elles nous permettent de contrĂŽler nos pensĂ©es, nos Ă©motions et nos comportements pour atteindre un but ou nous adapter Ă une situation nouvelle. Elles jouent un rĂŽle central dans lâautonomie, les apprentissages et la rĂ©gulation du comportement. Sur la brĂšche H24 !
đĄ Ă l'Ă©cole maternelle, on a mesurĂ© la maĂźtrise du jeu "1, 2, 3... Soleil !" (exigeant inhibition et mĂ©moire de travail). RĂ©sultat : la performance Ă ce jeu Ă©tait un meilleur prĂ©dicteur des compĂ©tences en lecture et en maths en CP que le QI. Les fonctions exĂ©cutives, clĂ© de l'apprentissage.Elles sont, en quelque sorte, le chef dâorchestre qui coordonne les autres fonctions cognitives, telles que la mĂ©moire, le langage, la perceptionâŠ
Les trois fonctions dites « de base » sont la mĂ©moire de travail, lâinhibition et la flexibilitĂ© cognitive.
La mĂ©moire de travail, nous en avons dĂ©jĂ parlĂ©, câest la capacitĂ© Ă maintenir et Ă manipuler mentalement des informations pendant une courte durĂ©e pour rĂ©aliser une tĂąche (consignes multiples, calcul mental, rĂ©solution de problĂšmes). Elle est bien Ă©videmment liĂ©e au degrĂ© de concentration Ă lâinstant T.
Dans les annĂ©es 1970, Walter Mischel (Stanford) propose Ă des enfants (environ 4 ans) une guimauve en leur disant : « Tu peux la manger maintenant, ou attendre un peu et tu en auras deux. » Lâenfant reste ensuite seul face Ă la tentation une dizaine de minutes. Â
Cette expĂ©rience dâil y a 50 ans a popularisĂ© lâidĂ©e que le contrĂŽle de soi (inhibition) est une compĂ©tence qui se dĂ©veloppe, le milieu socioĂ©conomique et familial expliquant une grande partie des diffĂ©rences.
Lâinhibition (ou contrĂŽle inhibiteur) est la capacitĂ© Ă freiner une rĂ©ponse automatique, une distraction ou une impulsion inadaptĂ©e. Elle est liĂ©e, vous pouvez bien lâimaginer, Ă la gestion des Ă©motions. Quand on sait que la maturitĂ© cognitive est atteinte en moyenne Ă 23 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons, on prend conscience que la difficultĂ© de certains Ă©lĂšves de lycĂ©e Ă se concentrer nâest pas entiĂšrement de leur faitâŠ
đĄ Faire tenir un crayon entre les lĂšvres (un sourire forcĂ©) pendant un exercice complexe. Ce geste simple, en occupant les muscles faciaux liĂ©s aux Ă©motions nĂ©gatives, aide les Ă©lĂšves Ă inhiber les distractions. Une astuce physiologique pour booster le contrĂŽle exĂ©cutif en classe.Observation de prof: les Ă©lĂšves, ferment leur trousse, rangent leur affaires et se lĂšvent quand la sonnerie retentit (sans Ă©couter la fin de la phrase du professeur ou mĂȘme de recopier la trace Ă©crite du tableau sur son cahier), ou bavardent avec le voisin (parce que cela demande moins dâefforts que de chercher Ă comprendre de nouvelles notions en classe). Ils regardent quelque chose par la fenĂȘtre, regardent leur tĂ©lĂ©phone alors que cela est interdit en classe (sans en avoir conscience, juste pour regarder lâheure) sont le fait dâune incapacitĂ© momentanĂ©e Ă rĂ©sister pour accomplir une tĂąche donnĂ©e par le professeur.
Il est donc trÚs important de faire réfléchir les élÚves sur leurs biais, leur difficultés à inhiber etc.
đĄEspace ampoule « Marshmallow experiment »
Dans les annĂ©es 1970, Walter Mischel (Stanford) propose Ă des enfants (environ 4 ans) une guimauve en leur disant : « Tu peux la manger maintenant, ou attendre un peu et tu en auras deux. » Lâenfant reste ensuite seul face Ă la tentation une dizaine de minutes. Â
Cette expĂ©rience dâil y a 50 ans a popularisĂ© lâidĂ©e que le contrĂŽle de soi (inhibition) est une compĂ©tence qui se dĂ©veloppe, le milieu socioĂ©conomique et familial expliquant une grande partie des diffĂ©rences.
Et la flexibilitĂ© alors ? Câest la capacitĂ© Ă changer de point de vue, de stratĂ©gie, ou de tĂąche, Ă sâadapter Ă la nouveautĂ© et aux imprĂ©vus. Câest une fonction exĂ©cutive qui, combinĂ©e Ă la planification (sâorganiser, anticiper), de mon point de vue, fait dĂ©faut dans notre systĂšme Ă©ducatif.
Ne sommes-nous pas trop attachĂ©s Ă faire acquĂ©rir des procĂ©dures au dĂ©triment dâune meilleure capacitĂ© Ă nous adapter Ă une nouvelle situation ?
DâoĂč lâimportance pour un enseignant dâĂȘtre clair dans ses consignes de travail, de faire rĂ©flĂ©chir les Ă©lĂšves sur leurs stratĂ©gies dâaccomplissement de la tĂąche. Je trouve toujours trĂšs positif que lors dâune dĂ©marche de projet, les Ă©lĂšves changent leur fusil dâĂ©paule parce quâils se sont rendus compte de leurs erreurs et essaient de surmonter les obstacles.
Ces trois fonctions de base et indépendantes sous-tendent les fonctions de haut niveau que sont le raisonnement, la planification et la résolution de problÚme.
đ§âđ«Adapter son enseignement
Une fois quâon a tout ça en tĂȘte, on observe la façon dâĂ©tudier de nos pioupious et lĂ , pour beaucoup, câest la cata : travail « à lâarrache » la veille pour le lendemain, incapacitĂ© Ă mettre en route le contrĂŽle inhibiteur en classe ou Ă la maison, et une mĂ©moire de travail altĂ©rĂ©e par le manque de concentration.
DâoĂč la nĂ©cessitĂ© de consacrer une partie du temps dâenseignement Ă la mĂ©tacognition, au dĂ©veloppement des stratĂ©gies pour rĂ©guler lâattention, repĂ©rer ses erreurs, les corriger, raisonner, comprendre et sâorganiser.
Oui mais voilĂ , jâai le temps de le faire Ă lâinternat, un soir par semaine et les retours sont dans lâensemble positifs. Je prends un rĂ©el plaisir Ă entamer avec des Ă©lĂšves en difficultĂ© une rĂ©flexion sur leur façon dâatteindre le but dâapprentissage fixĂ©.
En revanche en classe, câest souvent plus difficile car ce travail est malheureusement conditionnĂ©, il faut bien le dire, par des programmes longs comme un jour sans pain Ă dispenser Ă des classes surchargĂ©es avec volumes horaires qui fondent comme neige au soleil. Et puis nâoublions pas le stress, le manque de sommeil, la mauvaise alimentation des apprenants, qui peuvent Ă©galement altĂ©rer sĂ©vĂšrement le fonctionnement cognitif des apprenantsâŠ
Ce qui mâoblige, chaque jour, Ă dĂ©ployer des trĂ©sors de flexibilitĂ©, de planification, de raisonnement pour accomplir quelques tous petits miracles qui me motivent Ă continuer la bataille de lâapprentissage.
PS : on serait ravi dâavoir vos avis sur cette article. Alors, si vous avez la moindre question, la moindre anecdote, ou tout simplement lâenvie de partager quelques choses avec nous, nâhĂ©sitez pas Ă commenter ci-dessous.
Pour aller plus loin đ
đ Livre : Fonctions exĂ©cutives et rĂ©ussite scolaire
Cérébralement vÎtre,
Bertrand & Romain đ§ âš
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Disclaimer : Les informations présentées dans cette newsletter s'appuient sur des recherches scientifiques. Cependant, les résultats ne sont pas des certitudes absolues et représentent parfois des corrélations sans prouver de causalité directe. La science des neurosciences évolue constamment. Ces conseils sont des pistes de réflexion à considérer avec esprit critique.
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